Pour l’emporter en 2027, un prétendant à la présidence doit donc formuler un nouveau vœu : plutôt que de rêver d’être majoritaire dans le pays, se contenter d’espérer être le moins exécré des compétiteurs. Ce que mesure notre baromètre mensuel du rejet, réalisé par Cluster 17 pour POLITICO, dont la deuxième livraison montre que les grandes tendances observées en septembre s’accentuent et témoigne d’un moment de la campagne “plutôt favorable aux droites” (traditionnelle et extrême), analyse Jean-Yves Dormagen, le président de l’institut.
Logique : notre enquête a été menée du 19 au 22 octobre, juste après les casses et pillages du 17 octobre.
Cluster 17 a, de nouveau, demandé à 3 000 personnes quelle était la probabilité, sur une échelle de 0 à 10, qu’elles votent “un jour” pour chacun des candidats à la présidentielle testés — 0 correspondant à une impossibilité totale de glisser ce bulletin dans l’urne, 10 indiquant que les sondés jugent “tout à fait possible” de le faire.
Tous les candidats testés demeurent rejetés par une majorité de Français. Les plus répulsifs restent les mêmes, mais ils voient augmenter le taux de Français excluant totalement de voter pour eux. L’Ecologiste Marine Tondelier arrive ainsi toujours en tête du classement du rejet, à 71% (+3 par rapport au mois dernier) — à égalité cette fois avec Eric Zemmour, non testé dans notre précédente enquête.
Mélenchon de plus en plus repoussoir
Même logique pour Jean-Luc Mélenchon. Toujours en deuxième position des personnalités les plus rejetées, l’Insoumis l’est encore plus qu’en septembre. Les interrogés sont désormais 69% à juger inimaginable de choisir un bulletin au nom de l’Insoumis (ils étaient 66%).
Les violences du week-end des 17 et 18 octobre ont “radicalisé sur la droite un certain nombre de personnes”, juge Dormagen. Et ainsi conforté l’image négative de “JLM”, augmentant la perception de LFI comme “un mouvement radical, qui incarne une rupture brutale”.

