BRUXELLES — L’Union européenne va fixer un âge minimum à partir duquel les jeunes internautes pourront accéder aux réseaux sociaux sans la surveillance de leurs parents, a annoncé ce lundi 13 juillet la présidente de la Commission.

Ursula von der Leyen présentait ce matin les conclusions du groupe d’experts qu’elle avait chargé, l’an dernier, de faire des propositions pour lutter contre les effets néfastes des réseaux sociaux. Leur rapport, publié ce jour, recommande que les mineurs de moins de 13 ans ne disposent d’un accès aux réseaux sociaux que “pour une durée limitée”, et sous la surveillance de leurs parents.

“Il est tout à fait clair que nous avons besoin de restrictions d’âge adaptées sur ces plateformes. La question n’est pas de savoir si les enfants peuvent accéder aux réseaux sociaux. Il s’agit de savoir si et quand les réseaux sociaux peuvent accéder à nos enfants”, a-t-elle déclaré.

Cette annonce intervient après plusieurs années d’efforts visant à lutter contre les risques pour la santé mentale et physique que représentent les réseaux sociaux pour les mineurs. Ursula von der Leyen a fait de cette question une priorité absolue de son deuxième mandat à la tête de l’exécutif européen. Des capitales telles qu’Athènes, Copenhague et Paris ont également fait pression en faveur de restrictions d’âge, tout comme des pays non membres de l’UE, notamment l’Australie, l’Indonésie et la Malaisie.

Les réseaux sociaux limitent déjà l’accès aux utilisateurs de moins de 13 ans, car ceux-ci ne sont pas en mesure de donner leur consentement au traitement de leurs données, conformément à la réglementation européenne en matière de protection de la vie privée.

Ursula von der Leyen a suggéré que les parents devraient également pouvoir contrôler les limites d’âge sur les réseaux sociaux. “Les enfants ne devraient avoir accès aux réseaux sociaux que sous la surveillance de leurs parents, de leurs tuteurs ou de leurs enseignants, et pendant une durée limitée”, a-t-elle déclaré.

“Ce ne sera pas infaillible, et le changement prend du temps”, a-t-elle ajouté, affirmant que les gens finiraient par modifier leur comportement, comme ils l’ont fait lors de l’introduction des ceintures de sécurité dans les voitures.

La présidente de la Commission a affirmé que l’Union envisageait également d’imposer des restrictions d’âge pour d’autres services en ligne, et qu’elle allait commencer à déterminer quelles plateformes sont préjudiciables aux mineurs.

“La Commission souhaite instaurer un accès progressif et par étapes pour les différentes tranches d’âge”, a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : “L’enfance n’attend pas, et une fois qu’elle est passée, on ne peut jamais la faire revenir”.

Le groupe d’experts a également recommandé que les enfants ne soient pas exposés aux écrans avant l’âge de trois ans, puis qu’ils soient progressivement, et sous surveillance, initiés aux réseaux sociaux et aux autres technologies jusqu’à l’âge de 13 ans.

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