La présidence de la BCE est l’un des postes les plus influents d’Europe, commandant une puissance de feu financière sans pareille. C’est pourquoi les gouvernements nationaux se sont toujours battus avec acharnement pour promouvoir une personne favorable à leurs propres besoins et priorités.
Les négociations sur la succession de Christine Lagarde risquent d’être intenses et seront encore compliquées par la montée des populistes sur le Vieux Continent, rendant plus difficile pour les partis politiques européens traditionnels de garder la main sur le processus de nomination aux postes clés.
Ce problème a été mis en lumière la semaine dernière lorsque le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a annoncé de manière inattendue qu’il quitterait son poste plus d’un an à l’avance. Cette décision a largement été interprétée comme motivée par le désir d’Emmanuel Macron de protéger la banque centrale contre un potentiel exécutif d’extrême droite.
Au point que le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a raillé François Villeroy de Galhau à l’Assemblée nationale mercredi : “Vous transmettrez déjà nos amitiés, nos inquiétudes à Mme Lagarde, qui elle aussi est visiblement victime d’une épidémie de démissions, dont visiblement la cause est Emmanuel Macron, un agent pathogène en effet très problématique.”
Le poste de chef économiste en ligne de mire ?
Heureusement pour le chef de l’Etat, les conventions régissant la nomination des membres du directoire de la BCE, qui sont au nombre de six, peuvent jouer en sa faveur.
Deux facteurs en particulier indiquent qu’il a la possibilité d’installer un allié pour un mandat de huit ans à Francfort avant de quitter son poste au printemps 2027.

