“Le ministère de la Transition écologique voit la Guyane comme un sanctuaire figé à maintenir sous cloche à tout prix, et ce prix, ce sont les Guyanais qui le paient”, a-t-il accusé, évoquant un “écocolonialisme”.
Mais c’est finalement le respect des obligations climatiques de la France qui l’a emporté. Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, s’est fortement opposée au texte, au nom de la protection des écosystèmes et de la lutte contre le dérèglement climatique, l’exploitation de nouveaux champs pétroliers n’étant pas compatible avec l’Accord de Paris sur le climat.
“Cette proposition de loi n’offre pas un avenir à la Guyane, elle offre des illusions à court terme et des risques bien réels pour sa biodiversité et son développement économique”, a estimé la ministre dans une déclaration transmise par son cabinet mercredi 28 janvier.
“Ce serait engager des coûts importants, pour des résultats très incertains, au prix de risques environnementaux majeurs”, et tout cela pour une exploitation qui, au mieux, “ne pourrait voir le jour avant vingt ans”, a développé le ministre de l’Economie, Roland Lescure, à la tribune. Il a préféré mettre en avant les emplois que pourraient créer les énergies renouvelables.
Un pétrole trop cher à forer
Ce texte cible essentiellement la Guyane, les autres territoires ultramarins français n’affichant qu’un potentiel limité en matière d’hydrocarbures. Et, bien que l’existence de ressources pétrolières dans le territoire sud-américain soit établie, la possibilité d’exploiter un gisement reste incertaine.
La géologie y est différente du Suriname et du Guyana voisins. Après avoir mené plusieurs forages infructueux dans les années 2010, le groupe TotalEnergies a jeté l’éponge. De quoi faire dire à son PDG, Patrick Pouyanné, qu’“il n’y a pas d’hydrocarbures en France”.

