Tondelier et Mélenchon en tête
A ce stade de la campagne, c’est… Marine Tondelier qui remporte la palme du rejet, talonnée par Jean-Luc Mélenchon. Pas moins de 81% des sondés situent en effet entre 0 et 3 les chances qu’ils votent un jour pour la candidate Ecologiste. Ils sont 73% à en dire de même pour l’Insoumis, et même 98% à 100% chez les catégories de la population se reconnaissant dans les termes “réfractaires”, “autoritaires”, “anti-assistanat”, “traditionnalistes”, ou encore “libéraux”.
Une différence majeure, toutefois, entre les deux principaux épouvantails de notre classement : là où seuls 9% de personnes interrogées jugent qu’il y a une probabilité forte ou très forte (entre 7 et 10) qu’ils glissent “un jour” un bulletin dans l’urne pour Tondelier, ils sont 19% à se voir probablement ou très probablement voter pour l’Insoumis en chef — soit l’équivalent des intentions de vote en sa faveur pour le premier tour de la présidentielle, à ce stade de la campagne et telles que mesurées par Cluster 17. Le socle de ceux qui adhèrent positivement aux propositions du candidat Mélenchon est donc nettement plus important. Et c’est particulièrement notable chez les jeunes : 42% des 18-34 ans jugent probables ou très probables (entre 7 et 10) les chances qu’ils votent pour l’Insoumis.
A noter : le fort rejet suscité dans une partie de la population par Marine Tondelier, notamment “dans tout l’espace conservateur”, a beaucoup à voir, selon Jean-Yves Dormagen, avec le “problème d’image” de son parti : “Les Verts sont très clivants sur les questions culturelles et sociétales, et l’écologie est devenue clivante aussi. Ils sont perçus comme très radicaux, promigrations, et ultraprogressistes”, note-t-il, soulignant que cette structure d’image est comparable à celle des Insoumis.
Le Pen et Philippe : même rejet
Autres enseignements majeurs de notre baromètre pour la présidentielle : les candidats les plus centraux ne sont pas en reste quand il s’agit de rejet. Les Français sont respectivement 68%, 72% et 66% à juger faible ou nulle la probabilité qu’ils votent pour Edouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann dans les temps à venir, et 69% pour le candidat des Républicains Bruno Retailleau. Et c’est bien Marine Le Pen qui est la moins rejetée : ils ne sont “que” 62% à déclarer que la probabilité qu’ils votent pour elle est faible ou nulle, contre 30% à l’envisager sérieusement (probabilité forte ou très forte, estimée entre 7 et 10).
Encore un peu plus dans le détail : 56% des personnes sondées jugent strictement impossible de voter pour Marine Le Pen (soit une note de 0 sur 10 ou une déclaration explicite de l’exclure), à touche-touche avec Edouard Philippe (55%), et à peine pire que Raphaël Glucksmann (53%). Ils sont en revanche respectivement 68% et 66% à l’exclure tout aussi catégoriquement quand il s’agit de Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon.
La peur ou le rejet de l’Insoumis s’explique en partie dans le détail des traits d’image des candidats : Mélenchon est ainsi celui qui se voit le plus reprocher “un risque de dérive autoritaire” — le risque est estimé à 6,7 sur 10 en moyenne — devant Marine Le Pen, pour qui ce sujet est toutefois aussi un point faible (risque estimé à 5,6 sur 10 en moyenne).

