“C’était un débat plus humaniste que théologique, dans lequel certains représentants d’entreprises technologiques étaient personnellement investis — quand d’autres sont restés dans les éléments de langage”, poursuit le même. “La réunion montre en tout cas qu’une partie du Vatican ne rejette pas la technologie en tant que telle, mais veut la mettre au service de l’homme”. 

Les participants conviés par la Human Technology Foundation préparent une note de synthèse issue de ces échanges. Elle sera transmise à l’ambassadrice française au Numérique, Clara Chappaz, avec pour objectif d’influencer les débats sur le numérique qui auront lieu dans le cadre du G7, organisé par la France au mois de juin. 

Sous l’œil de Washington

Les entreprises de la tech ne sont pas les seules à tenter d’influencer les réflexions du Vatican. L’Encyclique du pape est également surveillée de près par l’administration américaine, alors que les relations entre Donald Trump et le pape sont devenues glaciales. En avril, le président américain s’en était pris ouvertement à son compatriote, affirmant qu’il n’appréciait pas d’entendre “un pape qui critique le président des Etats-Unis”, et ajoutant qu’il n’en était “pas un grand fan”.

Malgré ces tensions, l’ambassade américaine au Saint-Siège n’a pas coupé les ponts avec le Vatican sur le sujet de l’IA. Elle a ainsi organisé début mai un cycle de conférences sur l’intelligence artificielle et le travail. Objectif : prouver leur bonne volonté des Etats-Unis dans le dialogue sur l’IA, avec l’appui des ambassades d’Australie, du Royaume-Uni, du Japon et de Taïwan. 

George Osborne, chargé des relations avec les pays pour le géant de l’IA OpenAI, était présent. Cet ancien chancelier de l’Echiquier britannique est intervenu devant l’évêque Paul Tighe, sur le thème du “travailleur du futur et du pouvoir de l’IA”, en évoquant notamment le risque d’une montée des inégalités. 

Selon le chercheur Noam Yuchtman de la London School of Economics, lui-même intervenu sur le thème du “futur des travailleurs dans l’économie de l’IA”, l’événement avait pour but  de montrer à l’Église qu’il existe “des personnes et des entreprises avec une approche éthique de l’IA”. “Il s’agissait de dire au Vatican que beaucoup de personnes imaginent un monde dans lequel l’IA se développe mais où l’humanité continue de prospérer”, décrypte-t-il. 

Reste que les gouvernements ne suivront pas forcément les conclusions du pape Léon XIV. Le vice-président américain JD Vance, lui-même catholique, a prévenu qu’il ne prendrait pas nécessairement cette Encyclique comme parole d’Evangile. 

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