Peter Kofler, président des Danish Entrepreneurs, a mis en garde contre les “murs de protection qui nous isolent de la réalité mondiale”.
“Imposer la ‘préférence européenne’ avant que nos solutions ne soient de classe mondiale nous enfermera dans une économie de second rang”, a-t-il prévenu.
La mise en œuvre est essentielle
D’autres organisations professionnelles se sont montrées ouvertes aux exigences en matière de préférences locales, mais s’inquiètent de la manière dont elles seraient mises en œuvre, ou craignent qu’elles ne soient considérées comme une charge administrative supplémentaire, au moment même où Ursula von der Leyen se donne pour mission de simplifier.
Orgalim, un lobby de la tech, s’est prononcé largement en faveur de la proposition, tout en soulignant la nécessité d’éviter “des charges administratives et réglementaires supplémentaires qui étouffent le secteur à un moment où nous avons désespérément besoin de flexibilité pour innover et être compétitifs”.
Dans une prise de position antérieure, la Pologne a estimé que les exigences en matière de contenu local pourraient être des “outils importants”, mais que leur succès “dépendra en grande partie de leur calibrage”. Appelant à une approche flexible du “Made in Europe”, les Polonais ont également averti que les pays les plus avancés dans la transition vers les énergies vertes pourraient en bénéficier de manière disproportionnée.
Aleksandra Kordecka, experte au sein du cabinet Séjourné, a tenté de dissiper ces inquiétudes lors d’un récent événement. “L’objectif du ‘Made in Europe’, je pense, est que l’argent public aille à l’industrie européenne et aux emplois européens”, a-t-elle exposé.
La Commission souhaite créer un environnement permettant aux industries européennes de rivaliser avec les surcapacités chinoises massives, a ajouté Aleksandra Kordecka : “Il ne s’agit absolument pas de fermer complètement le marché.”
Jordyn Dahl et Camille Gijs ont contribué à cet article, qui a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.

