L’Elysée a indiqué ce matin qu’Emmanuel Macron avait échangé pendant la nuit avec Donald Trump “pour évoquer la situation énergétique mondiale”, et notamment pour “garantir la disponibilité des produits raffinés au niveau mondial”. La France, qui assure la présidence tournante du G7 “entend réunir dans les meilleurs délais une visioconférence des dirigeants du G7 pour assurer la coordination des mesures à prendre afin de contribuer à desserrer l’étau des prix”.
Lors de l’échange ce vendredi matin, le gouvernement allemand s’est montré réticent à débloquer le moindre baril, selon ces sources. “L’Allemagne et d’autres pays ne veulent pas servir de pions ; ils souhaitent ne libérer leurs stocks que pour de véritables raisons de sécurité d’approvisionnement”, a déclaré l’une d’entre elles à POLITICO, s’exprimant sous couvert d’anonymat afin de pouvoir s’exprimer en toute franchise. L’Allemagne et la France disposent des plus importantes réserves de pétrole et de produits pétroliers en Europe, selon les statistiques officielles de l’UE.
“La France tient à participer et à répondre à cette demande […] Il est clair que l’UE agira, dans la mesure où ses membres parviendront à s’entendre”, a déclaré une deuxième source. Elle a ajouté qu’il était difficile de savoir si cette libération serait coordonnée conjointement par l’UE ou menée sur une base bilatérale, compte tenu de l’approche “désordonnée” des Etats-Unis, qui ont adressé des demandes différentes à différents pays. “C’est une méthode typiquement américaine : ils ne passent pas par les voies officielles habituelles.”
Le cabinet du ministre Roland Lescure, présent à la réunion vendredi matin, a balayé auprès de POLITICO des “rumeurs” et ne souhaite pas commenter davantage.
Les Etats-Unis montrent une frustration croissante à l’égard des pays de l’UE qui n’ont pas tenu leurs engagements de contribuer à la mise sur le marché de 400 millions de barils, opération coordonnée en début d’année par l’Agence internationale de l’énergie à la suite du déclenchement de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz.
Lors de la réunion qui s’est tenue vendredi à Bruxelles, certains représentants européens ont également critiqué la France et l’Allemagne pour ne pas avoir mis sur le marché des réserves pétrolières substantielles, selon l’une des personnes présentes.
POLITICO a rapporté jeudi que les principaux pays de l’UE et le Royaume-Uni souhaitaient répondre aux pressions américaines d’une voix « ferme », tout en cherchant à apaiser les tensions.
Nicolas Camut a contribué à cet article. Il a été initialement publié par POLITICO en anglais et adapté par Alexandre Léchenet.

